Introduction
Introduire le contexte
qui permet de comprendre lenjeu de la question : Lutilisation du
verset confère un rythme plus proche de la prose que lemploi traditionnel du vers.
Dégager la
problématique : Quest-ce qui crée donc le climat poétique, en
labsence dune structure versifiée ?
Annoncer
le plan en insistant sur la progression logique de la 1ère partie à la 2ème partie, voire à la 3ème partie
Développement
1. La poésie naît de
lécart (esthétique de la surprise) :
A. Un lexique
inhabituel :
a)
Exotisme du lexique africain qui suscite le rêve :
- Emprunté à la
nature africaine : « kaïcédrat », « ouzougou »,
« trigonocéphale », « hippotrague »
- Mais aussi à la culture
africaine : « dyâli », « kôra », « teddungal »
- Exotisme des noms
propres : « Nolivé », « Khasonkée »,
« Lilanga »
b) Exotisme du lexique
français revisité par Senghor, qui acquiert ainsi un sens nouveau :
- Le goût des archaïsmes, au
sens proche de létymologie : « labile », « ponant »,
« mitan »
- Le goût des mots
techniques : « pruine », « surrection »,
« épizooties »
- Des associations de mots
étranges : « amours hygiéniques », « lamantins aux yeux de
mirage »
- Voire même des
néologismes : « prétemps »
Ecarts lexicaux qui
produisent plus de sens parce quils échappent à la banalité
B. Des
ruptures dans la continuité logique de la pensée :
a)
Lutilisation de la ponctuation (décalée, voire absente parfois, ce que Senghor
revendique comme « ponctuation expressive ») : le portrait de
lAbsente sans aucune ponctuation (p. 114) pour plus de fluidité
b) Les phrases elliptiques :
« jamais tracé sillon ni dogme comme le Fondateur / La ville aux quatre portes,
jamais proféré mot à graver sur la pierre » (p. 110)
c) Le zeugma (figure de
style) : « tombant soudain et morts »
d) Les rejets qui mettent en
valeur un mot clé : « vides » (p. 112), « Au travail » (p.
124), « Et secrets » (p. 137)
Ecarts syntaxiques qui
réveillent limaginaire du lecteur et lui suggèrent plus de pistes
dinterprétation
2. Mais la poésie naît
aussi (et surtout ?) de la musicalité :
A. Un jeu
constant sur les sonorités :
a)
Absence de rimes certes puisquil sagit de versets
b) Mais jeu permanent sur les
allitérations et les assonances : « Doucement elles mont chanté
dans lombre le chant de lAbsente, comme on berce le beau bébé de sa chair brune » (p. 111)
c) Ou jeu sur les
paronymes : « la plage plane » ou « toutes choses vaines sous le
van, toutes choses vaines dans le vent » (p. 110)
La répétition dune
même sonorité crée un effet dincantation (« tsétsés tségomyas »),
propice à une atmosphère poétique, voire mystique
B. Un
rythme très savant :
a) Un
rythme modulé par le jeu de la succession des versets, de longueurs diverses
b) Avec des effets de rupture
grâce aux rejets et contre-rejets qui créent une sorte de rythme syncopé, très
proche du jazz
c) Mais un rythme toujours
fortement incantatoire : le « parallélisme asymétrique » («
répétitions qui ne se répètent pas » : p. 110) qui rappelle le rythme
essentiel de lAfrique, celui du tam-tam
De répétition en
variation, la musique du poème senghorien nous emporte dans limaginaire :
« Le poème nest accompli que sil se fait chant, parole et musique en
même temps » (p. 168)
3. La poésie naît
enfin de thèmes traditionnellement exploités par toute poésie :
A. Des
thèmes qui fusionnent :
a)
Lomniprésence de la nature : certes essentiellement celle de lAfrique,
mais aussi évocation des paysages normands
b) Sallie à
lomniprésence du thème féminin : femmes noires aux noms charmeurs, mais
aussi la femme blanche quest la Princesse de Belborg, au nom tout aussi évocateur
c) Doù la
toute-puissance de lanalogie : jaillissement perpétuel dimages
- La femme comparée à la
nature : lEthiopienne « douce dolive », Nolivé aux
« seins de rizières mûres » ou la Princesse de Belborg dont le «
visage est un chef-duvre, [le] corps un paysage »
- Le fleuve comparé à la
femme : « amante aux cuisses furieuses »
- Images qui surprennent :
les « cuisses de loutre en surprise » de Nolivé
Lanalogie est certes
un procédé cher à tous les poètes, mais pour Senghor elle est le signe de
losmose fondamentale qui unit dans une fusion harmonieuse tous les composants de
lunivers
B.
Deux tonalités majeures, issues des thèmes :
a) La
poésie épique qui chante la grandeur de lAfrique à travers ses mythes :
- Chaka
- Le Kaya-Magan
- La reine de Saba
b) La poésie lyrique, qui
naît de la douleur du poète :
- A ne pouvoir concilier vie
privée et vie publique : morts de Nolivé et de la Princesse
- A ne pouvoir saisir la
présence féminine : Sopé même reste « absente »
Alternance de tonalités
qui fait la spécificité de la poésie de Senghor, poète et homme politique.
Conclusion
Synthèse de chacun des
axes + synthèse totale : Poésie qui utilise toutes les ressources du langage
Ouverture : Poésie
qui devient musique signifiant lharmonie du monde
Phrase conclusive : Le
poème pour senghor est symphonique.
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