Introduction
En trois étapes, mais un
seul paragraphe
1.
Introduire le contexte qui permet de comprendre lenjeu de la question : Ethiopiques est un titre qui est une référence à lAfrique,mais le
recueil est écrit en français.
2.
Dégager la problématique : comment le recueil met-il en évidence la
double culture dont est issu Senghor ? ces cultures sont-elles
harmonieusement mêlées (« métissée » implique la fusion) ?<
3. Annoncer le plan en insistant sur la progression
logique de la 1ère partie à la 2ème partie
Développement
1. Métissage quant à la
forme :
A. La
forme poétique :
a)
Le choix du verset, inauguré par des poètes français contemporains de
Senghor (Paul Claudel et Saint-John Perse), pour des formes poétiques typiquement
africaines comme le guimm
b) Des poèmes conçus pour
être accompagnés par des instruments africains (kôra, balafong ou khalam) mais
nhésitant pas à recourir au besoin à des instruments occidentaux (orgue ou
trompette)
Le poème dans sa
structure même est donc le résultat de la fusion des deux cultures : le recours au
jazz est emblématique de ce métissage.
B.
Le lexique :
a)
Certes Senghor emploie des mots africains pour évoquer la réalité concrète de
lAfrique :
- Sa nature :
« ouzougou , « tsétsés tségomyas »
- Ses traditions :
« teddungal », « dyâli »
b) Mais il sait aussi
utiliser les ressources du vocabulaire français :
- Archaïsmes qui ramènent
au sens étymologique : « labile », « ponant »,
« mitan »
- Mots techniques
appréciés pour leur rareté et leur précision : « pruine »,
« surrection », « épizooties »
- Associations de mots
étranges : « amours hygiéniques », « lamantins aux yeux de
mirage »
- Voire même
néologismes : « prétemps »
c) Le système analogique
français au service dun imaginaire africain (vision de la femme par exemple) :
- La comparaison :
lEthiopienne fauve comme lor incorruptible comme lor »
- La métaphore :
« mains dalizés qui guérissent les fièvres », « doigts
de filaos », « seins de rizières mûres »
- La métaphore filée dans
« congo »
Senghor crée un certain
exotisme en jouant indifféremment sur les deux registres au sein du même poème
C.
Le rythme :
a)
Des outils linguistiques français pour créer un rythme syncopé, typiquement africain
- La rupture logique du
zeugma (figure de style) : « tombant soudain et morts »
- Lutilisation de la
ponctuation décalée
- Les phrases elliptiques :
« jamais tracé sillon ni dogme comme le Fondateur / La ville aux quatre portes,
jamais proféré mot à graver sur la pierre » (p. 110)
- Les rejets qui mettent en
valeur un mot clé : « vides » (p. 112), « Au travail » (p.
124), « Et secrets » (p. 137)
b) Un double rythme :
- Celui du tam-tam : Syncopé à cause de ces
ruptures. Et incantatoire grâce aux
répétitions « Rythmez clochettes rythmez langues rythmez rames la danse du
Maître des rames » (p. 103)
- Mais Senghor ne dédaigne
pas pour autant le classicisme du trimètre régulier, typiquement français et porteur
dharmonie : « Elle a parlé /
elle sest tue / elle nest plus » (p. 146 : [3 / 3 / 3] =
véritable alexandrin) . « Et mon pays de sel
/ et ton pays de neig(e) / chantent à lunisson » (p. 138 : [6 / 6 / 6])
Senghor utilise les
ressources de la poésie française, traditionnellement écrite, pour la transformer en
poésie apte à être chantée, selon la tradition africaine
2. Métissage des
deux cultures :
A. Dans
lexploitation du thème de lenvironnement :
a)
Certes la nature africaine est abondamment évoquée :
- Tant dans les paysages
(tanns, savane, forêts, lacs) et la flore (filaos, ouzougou)
- Que dans lévocation
dune faune spécifique (hippotragues, lamantins)
b) Mais le charme de la
France nest pas boudé :
- Le « palais de
Ouistreham ouvert sur la mer et les vents » (p. 134)
- Mais aussi Paris :
les « murmures de Mai à Montsouris » ou « la splendeur des tuileries à
la fin de lété »
- Senghor ne condamne que
les villes dartifice comme New York
Fusion sublimée dans le
magnifique trimètre : « Et mon pays de sel et ton pays de neige chantent à
lunisson »
B.
Dans lexploitation du thème de lamour :
a)
Aux nombreuse figures féminines noires :
- Aux membres
longilignes : les « bras de boas » de Nolivé
- A la peau souple :
nombreuses comparaisons et métaphores sur le thème de lhuile
b) Répond la Princesse de
Belborg :
- Aux « poignets de
cristal »
- A la « démarche de
navire »
- Et dont les « yeux
dor vert » rappellent les couleurs de lEthiopienne
c) De plus, la femme noire, comme la femme
blanche, est léternelle « absente » : absence de
lEthiopienne, mort de Nolivé, disparition de la Princesse
Fusion ici aussi des
deux types de femmes en une figure idéale
C.
Les traditions culturelles :
a)
Les échanges :
- Les échanges
traditionnels de messages ou les palabres, propres à l'Afrique
- Mais aussi les
« épîtres » avec la Princesse
b) Importance du
lignage :
- Importance des grands
mythes africains certes : le Kaya-Magan, la Reine de saba
- Mais même attention au
lignage en ce qui concerne la Princesse de Belborg, issue de Vikings
c) La religion:
- Le christianisme :
cf. « dautres chants » ou Chaka qui souffre une réelle Passion
- Mais aussi
lanimisme : croyance aux esprits, croyance au « pont de douceur »
qui relie la mort et la vie (p.148)
Syncrétisme religieux
qui est emblématique dune volonté de fusion , dharmonie entre les deux
cultures de lenfance. volonté de dépasser lantagonisme créé par un passé
colonial malheureux.
Conclusion
Synthèse
de chacun des axes + synthèse totale : Emprunts très larges, et toujours tissés, aux deux cultures
Ouverture :
Cette fusion inextricable fait la spécificité de la poésie senghorienne.
Phrase conclusive :
mais une telle harmonie, si elle est souhaitée, nest pas forcément
réalisée : doù lévolution vers le lyrisme à tendance élégiaque
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