Introduction :
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Introduire le contexte qui permet de comprendre la citation (accroche) : La nature même du mythe induit une explication Þ chaque époque propose sa thèse
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Dégager la problématique : La reprise du mythe dans Electre offre-t-elle au spectateur la thèse de Giraudoux ?
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Annoncer le plan en insistant sur la progression logique
Développement :
1. La pièce offre tous les ingrédients dune pièce à thèse :
A. Dune part, le dramaturge procède à une épuration :
a) Les personnages sont réduits:
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A une situation : le Président = mari trompé, Clytemnestre = femme bafouée
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Mieux, à une idée : Electre = haine pure, Egisthe = honneur de roi
b) La pièce fonctionne sur des symboles :
. Les Euménides et leur croissance, le Mendiant : mettent en évidence la marche inéluctable du destin
. Lopposition entre Electre et Egisthe devient elle aussi symbolique = lindividu ? la Cité
Par une telle
épuration, ce que vise le dramaturge, cest la mise en valeur des idées, au
détriment de la fiction.
B. Dautre part, la parole prime sur laction :
a) Présence de monologues :
Sur " l’histoire de ce poussé ou pas poussé ", i.e. l’action (I, 13) .
Sur Electre (fin I, 13) .
Sur l’humanité (parabole des hérissons en I, 3)
Sur la Tragédie
Sur le bonheur
b) Mais surtout de tirades où les idées s’affrontent :
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Importance de la tirade : celles d’Egisthe en I, 3. Sa position face aux dieux
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Importance de la déclaration, moment où le personnage défend la thèse qui lui est essentielle : Agathe et Clytemnestre soutiennent le droit des femmes à la liberté
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Importance de l’agôn : moment où deux thèses s’affrontent sur une même problématique comme celle des droits de l’individu face à la Cité (Egisthe et le devoir du dirigeant ? Electre et le devoir de l’individu ?)
c) La pièce semble du reste centrée sur la problématique posée dès les origines du mythe :
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Prééminence de l’individu sur la Cité ou prééminence de la Cité sur l’individu ?
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Nécessité de la compromission ou recours à une attitude incorruptible, au nom de valeurs abstraites comme la Justice ou la Vérité ?
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Ce questionnement pose le problème de la citoyenneté, si débattu aujourd’hui
L’usage immodéré de la parole souligne un besoin de convaincre qui est le fondement même de toute argumentation
 Conformément à la vocation du mythe, Electre semble bien proposer un débat d’idées, mais propose-t-elle pour autant une thèse, i.e. une réponse unique ?
2. Ce théâtre didées ne néglige pas cependant le spectacle :
A. La mise en scène prime :
a) Un spectacle très visuel :
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Le palais dès le lever de rideau
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Jeu avec le décor : fin I, 11
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Les jeux de lumière en final
b) Même chez les personnages :
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Les Euménides qui grandissent au cours de la pièce
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Jeux de scènes : Le Mendiant et son escabeau, Agathe poursuivie par le Président (II, 6), Agathe et loiseau
c) Un spectacle sonore également :
Un spectacle total qui joue à fond le jeu de lillusion, semblant reléguer au second plan le contenu idéologique du texte.
B. Et la fantaisie est de rigueur :
a) Le burlesque des situations :
. La scène de reconnaissance entre Oreste et sa mère, quelque peu transformée
. Mais surtout le mariage dElectre avec le Jardinier, parent du laboureur dEuripide
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La parodie, plus irrévérencieuse :
. Le couple bourgeois en contrepoint du couple mythique
. Euménides, version bienveillante des Erynies, sont devenues des " chouettes " (p. 68)
. Le meurtre dAgamemnon parodié par celui de Léon qui, lui aussi, a " glissé "
b) Les jeux de langage:
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Les images, les rapprochements drôles ou les anachronismes, plutôt drôles :
. Loseille (commune) et lambroisie (réservée aux dieux) en II, 6
. L" épingle à reine " (I, 13)
. Le " cigare " au temps dArgos (II, 6)
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Le registre comique sans cesse présent :
. Il introduit le langage familier dans la tragédie : " allez, circulez, les chouettes ! " (I, 12) / " Quelle se casse la gueule, la petite Electre " (I, 13)
. Il pratique des associations osées : " hérésies " et " fièvres aphteuses " (I, 3)
c) Au risque de nuire au mythe, donc à la réflexion à laquelle la transposition est censée conduire
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En dévalorisant le mythe, éminemment tragique :
. Situation propre au vaudeville
. Situation de roman policier
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En dévalorisant les personnages du mythe :
. Par lajout de personnages en miroir, de condition inférieure : issus de la bourgeoisie ou du peuple
. Par linsertion du comique : le tic dAgamemnon ou la mort du couple royal
. Par des commentaires dévalorisants : " Le cancer royal accepte les bourgeois " (I, 3, l. 816), " Quelle se casse la gueule la petite Electre " (I, 13, l. 1641)
La fantaisie elle aussi, semble bien
reléguer au second plan le contenu idéologique.
 Ce parti pris de divertir par le spectacle et la fantaisie, qui gomme un peu le débat d’idées, peut nuire à la lisibilité d’une thèse quelconque.
3. En fait, le dramaturge se contente d’ouvrir des pistes de réflexion :
A. On constate une ambiguïté dans la mise en scène :
a) Le dramaturge joue de l’illusion théâtrale tout en la dénonçant :
. Le jeu de la récitation (I, 1)
. L’emploi du masque (comme les acteurs de l’Antiquité) en I, 12 signale que le spectacle est illusion
. Le procédé de mise en abyme du théâtre (ou théâtre dans le théâtre) en I, 12
. Qui peut sortir du jeu durant l’entracte, devant le rideau baissé
. Pour parler directement avec le public (et non plus par personnage interposé)
. Son récit du meurtre d’Egisthe et de Clytemnestre répond certes au principe classique du respect des bienséances, mais il souligne surtout que la parole elle-même est illusion théâtrale (elle semble créer l’action)
. Sa dernière parole, qui clôt la pièce, souligne que le théâtre doit se comprendre à deux niveaux : celui du spectacle (l’aurore, au sens concret) et celui de la signification de ce spectacle (l’aurore, au sens figuré)
b) Décor et personnages sont eux aussi ambigus :
. Dualité de la façade du palais : douleur / bonheur
. Les jeux de lumière sont à lire à deux niveaux : destruction / renouveau
. L’escabeau : trône parodique
. Les Euménides : harcèlent et protègent, annoncent le destin en marche par leur croissance mais tentent de l’annuler
. Clytemnestre : mère indigne et femme touchante
. Egisthe : tyran et roi soucieux de son peuple
. Oreste : passif et actif
La mise en scène
est, du fait de cette esthétique de lambiguïté, très problématique. Tout en
jouant à fond le jeu de lillusion, le dramaturge sefforce de faire naître un
questionnement chez le spectateur, questionnement qui est lamorce dune
réflexion.
B. Cette ambiguïté de la mise en scène induit une ambiguïté dans la réflexion :
a) Multiplicité des débats :
. L’individu peut-il exposer la collectivité aux risques de son idéal ?
. Peut-on contester l’ordre établi (le pouvoir de l’état, celui du mari, celui de la religion) ?
. Quelles sont la mission et les responsabilités du dirigeant ?
. Peut-on distinguer le Bien et le Mal ?
. Réflexion sur la fragilité de la condition humaine : cf. la thématique du bonheur impossible
. Réflexion sur le libre-arbitre : réflexion sur l’existence ou l’absence de Dieu
b) Multiplicité (voire contradiction) des réponses :
. Sur une catastrophe (incendie et destruction) : en ce cas, c’est la thèse d’Egisthe qui prévaut
. Ou un renouveau (une aurore sur un monde purifié) : en ce cas, c’est la thèse d’Electre qui prévaut
. Les " pourquoi " d’Agathe mettent en évidence sa passivité de femme soumise (II, 6)
. C’est plus net encore avec Clytemnestre qui insiste sur son empressement à ne pas contredire son mari (II, 8)
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Impossibilité de distinguer le Bien du Mal : cf. débat entre Electre et Egisthe (Egisthe veut le Bien, Electre aussi)
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Impossibilité de trancher sur l’existence ou l’absence de Dieu : les personnages doutent de leur existence mais ne l’affirment pas
De fait, le
dramaturge nous invite à éviter toute position péremptoire, à adopter une attitude
réfléchie et mesurée. Sil soutient une thèse, cest seulement que le Bien
nest jamais nettement dissociable du Mal.
C. Plutôt que de démontrer une thèse, l’adaptation du mythe établit un constat :
a) L’homme moderne est seul devant ses choix :
b) Car les êtres ne communiquent plus :
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Agôn qui oppose Electre et Egisthe (paroles parallèles, vouées à ne pas se rencontrer, chacun étant rivé à son " don ")
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Aussi tragique : limpossibilité de dialogue entre la mère et son fils (I, 11), entre la mère et sa fille, ou entre la sur et le frère sur le thème du bonheur (II, 3)
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Cest avec ces données que chacun doit vivre du mieux quil peut
 Pas de thèse donc, ni même de problématique unique. Mais un ensemble
de questions, celles qui se posent à lhomme du XXème . Des
esquisses de réponses, mais toujours remises en question.
Conclusion :
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Faire la synthèse de chacun des axes
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Ouverture : sur le malaise de lhomme moderne face à ses choix, en labsence dune religion qui donnait commodément des certitudes . Rapprochement avec dautres adaptations théâtrales de mythes au XXème
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Phrase conclusive (ou chute)
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