Plan :
Introduction :
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Introduire le contexte qui permet de comprendre la citation (accroche) : Le mythe antique raconte lhistoire dun héros aux prises avec son destin. Cette histoire débouche sur la mort. La définition du mythe induit le traitement tragique.
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Introduire la citation et dégager la problématique : Or si Anouilh ne semble pas avoir dhésitation en désignant Antigone comme une tragédie, Giraudoux, lui, définissait prudemment Electre sous un terme vague " pièce en deux actes ". Cela veut-il dire que cette uvre nest pas une tragédie ?
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Annoncer le plan en insistant sur la progression logique : (1ère partie) (2ème partie) (3ème partie)
Développement :
1. Electre est une tragédie classique par certains aspects :
A. Car le mythe fournit inévitablement à Giraudoux les ingrédients nécessaires :
a. Le mythe touche des personnages de condition noble :
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Au début de la malédiction, Atrée, le 1er roi dArgos
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Les meurtres sont commis sur ses descendants
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Le Jardinier lui-même prend soin de rappeler qu" on réussit chez les rois les expériences, qui ne réussissent jamais chez les humbles " (lamento)
b. Le mythe raconte toujours une histoire violente qui se dénoue par une catastrophe :
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La mort est bien présente par le double crime final
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Horreur redoublée par la nature du crime dOreste : matricide
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De plus, le meurtre dAgamemnon est également rappelé à la fin, en surcharge
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Sajoute aussi la folie annoncée dOreste et la solitude dElectre (scène finale)
c. Cette situation violente " purge les passions ":
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Terreur : Electre inspire la peur dEgisthe et celle des spectateurs car elle est porteuse de mort : cest une " femme à histoires "
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Pitié pour Clytemnestre, Egisthe et Oreste
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Ces sentiments étaient censés éviter au spectateur la tentation des mêmes erreurs : but de la tragédie classique (catharsis)
B. Giraudoux lui-même prend soin de souligner le poids du destin, sans lequel la tragédie ne serait pas :
a. A travers de multiples allusions :
b. Le destin est personnifié :
c. Le destin est sensible aussi à travers quelques symboles :
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Le vautour qui plane au-dessus de la tête dEgisthe pendant deux scènes (II, 7 et 8)
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Lépée qui agit seule (I, 12) et qui revient sans cesse comme un leitmotiv (II, 9 par exemple)
C. Et de mettre en évidence linutilité de toute lutte :
a. En multipliant les possibilités dune issue heureuse :
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Rencontre dOreste et de sa mère mais Electre veille
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Tentatives des Euménides
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Offre dEgisthe : sauver la ville, puis faire disparaître les coupables (II, 8) refus catégorique dElectre (" Qu elle périsse ! ")
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Le lieu unique quest le palais (conforme aux règles classiques) renforce cette impression denfermement
b. En retardant sans cesse laccomplissement de laction :
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Par le sommeil
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Par de longues tirades qui se substituent à laction nécessaire (fin de lacte II, i.e. près de la catastrophe)
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La durée de lhistoire est plus courte sur le 2nd acte que dans le 1er, mais le temps doccupation de la scène y est aussi long : la parole sy développe davantage sous forme de tirades pour ralentir laction.
c. Le conflit apparaît donc bien sans issue, autre que fatale :
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Refus catégorique dElectre : " Vous tombez mal, Egisthe "
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Deux " dons " sopposent : pour Egisthe, celui dune " patrie " où il peut enfin se sentir " pur, fort, parfait " et pour Electre, celui de la " justice "
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Acceptation du destin, sans aucune compromission Þ grandeur tragique
La dimension tragique dElectre repose donc bien sur certains éléments appartenant à la tragédie traditionnelle.
2. Mais Giraudoux ne se prive pas dy contester le tragique traditionnel :
A. En dévalorisant les personnages du mythe :
a. Par lajout de personnages en miroir, de condition inférieure :
b. Par linsertion dun comique de situation :
B. Voire en désacralisant le mythe (par essence lié au divin) :
a. Les symboles dune quelconque transcendance sont ridiculisés :
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En guise de trône, on offre un escabeau au Mendiant (dont on craint quil ne soit un dieu)
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Les Euménides sont comparées à des oronges, puis à des vipères
- Agathe est distraite par le vol du vautour comme elle le serait par un vulgaire oiseau
b. La puissance des dieux est remise en cause par Egisthe :
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De façon irrévérencieuse : " boxeurs aveugles ", " fesseurs aveugles "
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Il parvient même à les berner : en nattirant par leur attention sur les délits graves
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Doù la trouvaille du mariage
c. Leur existence même est parfois contestée :
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Doute dEgisthe : " Je crois aux dieux. Ou plutôt je crois que je crois aux dieux "
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Doute du Jardinier dans le lamento : " même sil ny en quun, et même si cet un est absent "
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Sarcasme même dElectre qui annonce à Egisthe que " la messagère des dieux " ne viendra pas (II, 8 début)
C. Mais aussi en mélangeant des éléments hétéroclites :
a. Mélanges des genres :
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Comique de certaines situations qui se mêle au tragique : Agathe et loiseau
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Mais aussi burlesque du vaudeville
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Auquel Giraudoux rajoute la dimension policière
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Sans compter lutilisation du merveilleux : double façade du palais, croissance des Euménides
b. Anachronismes :
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Des " pierres gauloises " à " léchauguette "
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Pour aboutir au " café " ou au " mazout " contemporains
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En juxtaposant parfois de façon drôle les éléments : le café moderne qui côtoie la poix pour empeser les cols de chemise
c. Humanisation des personnages :
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Clytemnestre, femme souffrant de nêtre pas aimée, ou de lêtre mal : désireuse de retrouver lamour de ses enfants
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Egisthe, converti en homme juste
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Oreste qui aurait pu être " un pinson " sil avait été " bien servi par lexistence "
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Le droit au bonheur est la revendication majeure de luvre
Sil a gardé des éléments de la tragédie classique, Giraudoux sest tout de même bien amusé à la contester. Mais loin dêtre un jeu, cette contestation a en fait modernisé la conception de la tragédie.
3. Pour nous donner une définition moderne de la tragédie :
A. Une nouvelle conception de la tragédie :
a. Une fatalité interne se substitue au concept de fatalité externe :
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Conscience dune force intérieure : la haine aux origines inconnues
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Une force qui résiste : Egisthe et Clytemnestre lui paraissent pourtant " humains, pitoyables " (I, 8, l. 1360)
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Force qui la pousse à " prendre la piste "
b. Cette force conduit les personnages à une inévitable déclaration :
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Expliquer le terme " se déclarer "
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Thème récurrent dans luvre
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Lié à la notion de Vérité (" Salut, ô Vérité ! " dit Agathe II, 6)
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Touche Agathe, Egisthe, Clytemnestre comme Egisthe
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Révélations qui font boule de neige : mouvement aussi fatal que la notion antérieure de " destin "
c. Mais le pathétique est toujours distancié :
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Par les effets de décalage constants
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Par la présence constante des théocathoclès en contrepoint de la famille tragique
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Le pathétique joue sur les sentiments du spectateur : or Giraudoux veut le faire réfléchir
B. La modernisation de la tragédie classique permet la réflexion car elle rend lhistoire plus proche de nous :
a. La lecture psychanalytique est possible parce mise en évidence avec des mots de tous les jours :
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Le complexe ddipe au féminin, mis à jour par Freud (fin du XIXème)
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La recherche identitaire dElectre, qui peut être la nôtre, grâce à la trame policière
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La complexité des personnages : toujours nuancés, comme dans la vie Þ appel à la circonspection dès que lon est tenté de condamner
b. La lecture politique, appropriée à cette 1ère moitié du XXème, est permise grâce à la modernité de lhistoire :
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Réflexion sur lattitude à adopter face au risque de totalitarisme
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Réflexion sur la responsabilité de lindividu au sein dune collectivité (la cité au sens moderne)
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Réflexion sur la structure de la société : quelle place doit avoir de la femme dans notre société ?
c. Une lecture philosophique, plus intemporelle, en découle donc :
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Peut-on distinguer le Bien et le Mal ?
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Réflexion sur la fragilité de la condition humaine : cf. la thématique du bonheur impossible (à propos dOreste, ou encore le lamento du Jardinier)
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Réflexion sur le libre-arbitre
C. Qui met en relief le tragique de la condition humaine :
a. Comme le mythe est rendu accessible à tous par la modernisation de la tragédie :
b. Le tragique existentiel est souligné :
c. Un tragique qui réside peut-être surtout dans labsence de réponses toutes faites :
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Le monde moderne perd ses certitudes : cf. période de lentre deux guerres
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Aussi Giraudoux ne fait-il que poser des problématiques, comme on la vu plus haut
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Son théâtre est celui de lambiguïté : il ne propose aucune thèse claire, mais en confronte plusieurs
Paradoxalement, cest en malmenant la tragédie classique que Giraudoux a redéfini les aspects intangibles du tragique, à savoir la solitude dun homme devant des choix, quil doit faire mais au détriment de son bonheur.
Conclusion :
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Faire la synthèse de chacun des axes
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Ouverture : sur les autres " tragédies " du XXème traitant un mythe
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Phrase conclusive (ou chute)
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