Plan :
Introduction :
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Introduire la citation et dégager la problématique : goût pour les " jeux de lesprit " qui peuvent paraître dune part trop intellectuels pour du spectacle et, dautre part, un peu gratuits.
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Annoncer le plan en insistant sur la progression logique : (1ère partie) (2ème partie) (3ème partie)
Développement :
1. Giraudoux aime les " jeux de lesprit " :
A. Giraudoux aime jouer avec le langage :
a. Le lexique :
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Il doit surprendre par sa rareté.
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Il doit surprendre par des associations bizarres.
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Giraudoux veut montrer que les mots ont un sens.
b. La rhétorique :
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Lantithèse.
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La métaphore.
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Lanaphore.
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Le chiasme.
B. Giraudoux aime jouer avec les situations :
a. Celles du mythe antique lui permet
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Certes le pastiche malicieux.
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Mais surtout la parodie, plus irrévérencieuse.
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Et les anachronismes (décalages par rapport au temps du mythe).
b. Mais il puise aussi dans les ressources des genres littéraires :
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Irruption du vaudeville dans la tragédie antique.
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Transformation de lintrigue en intrigue policière
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Insertion de paraboles.
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Théâtre dans le théâtre avec le jeu des Euménides.
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Mais aussi théâtre hors du théâtre, tout en restant dedans : le Lamento.
Giraudoux se délecte à multiplier tous azimuts ces inventions de lesprit, verbales et autres. Laccumulation même des procédés peut donc paraître comme un jeu gratuit.
2. Ces jeux ne nuisent pas vraiment à la transposition théâtrale :
A. Malgré les jeux de lesprit, le plaisir du théâtre reste intact car le spectacle touche les sens :
a. Un spectacle très visuel :
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Le palais dès le lever de rideau.
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Jeu avec le décor : fin I, 11.
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Les jeux de lumière en final.
b. Même chez les personnages :
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Les Euménides qui grandissent au cours de la pièce.
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Jeux de scènes : Le Mendiant et son escabeau, Agathe poursuivie par le Président (II, 6), Agathe et loiseau .
c. Un spectacle sonore également :
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Les trompettes (I, 9).
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Le Mendiant qui applaudit (I, 3) ou qui crie à tue-tête (I, 4).
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Le chant du coq au début de lacte II.
B. De plus les " jeux de lesprit " ne masquent pas le sérieux de luvre, ils le révèlent au contraire :
a. Les ruptures quils apportent, en mettant à distance le pathétique, suscitent la réflexion :
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Le pathétique, recherché par les Classiques, provoque des émotions trop fortes pour permettre une réflexion : les " jeux de lesprit " sollicitent lintellect (et non les émotions).
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Les contrepoints burlesques soulignent ainsi des analogies intéressantes.
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Le Mendiant par le biais de ses paraboles animales nous permet de mesurer la cohésion du monde, comme laccumulation des " amants " dAgathe (Þ amour universel) .
b. Les " jeux de lesprit " permettent au spectateur de rechercher le sens profond au-delà des apparences :
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Le mot rare a plus de portée parce que proche de létymologie : cf. " imminer ".
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Les expressions " veuve de mon père " ou " femme à histoires " rendent compte de la vérité dElectre.
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Lépingle à nourrice qui devient " épingle à reine " est significative aussi.
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Le chiasme entre II, 5 et II, 6 souligne bien le rôle de miroir dAgathe.
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Les antithèses rendent compte de la complexité du monde.
c. Les " jeux de lesprit " modernisent le mythe et, donc, délargissent sa portée :
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Les anachronismes permettent de rejouer le mythe sur des fondements modernes.
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Le couple Théocathoclès actualise le mythe en lembourgeoisant : on peut ainsi comprendre Clytemnestre en tant que femme, et non pas seulement en tant que reine.
C. Ils mettent en évidence le tragique pour un public cultivé :
a. Giraudoux sappuie sur un fond culturel commun :
b. Mais sa volonté de dérouter le public cultivé est évidente :
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Dérouter le spectateur dans ses repères culturels.
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Dérouter le spectateur sa connaissance du fonctionnement du théâtre classique.
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Dérouter le spectateur dans son rapport même avec lillusion scénique (parodie du théâtre, entracte).
c. Pour dégager un tragique à la mesure de notre temps
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Des thèmes modernes : la fatalité que font peser les dieux ne nous intéresse plus, mais le déchirement des êtres au nom de valeurs nous touche davantage.
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Traités de façon moderne : le ton familier dElectre nous touche plus que la grandiloquence tragique.
La fantaisie débridée dont fait preuve Giraudoux à tous les niveaux sadresse certes à un public cultivé mais pour le bousculer et le conduire à sinterroger sur le tragique moderne.
Conclusion :
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Faire la synthèse de chacun des axes.
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Ouverture : mettre en évidence la parenté de Anouilh et de Cocteau avec Giraudoux (même aptitude à briller).
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Phrase conclusive (ou chute) : " Le jeu est paradoxalement un moyen de susciter la réflexion du spectateur pour quil ne prenne pas la vie pour ce quelle nest pas, un jeu. " (exemple)
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