L'abbaye de Saint-Hilaire :
le
"sarcophage" du Maître de Cabestany |
Cette abbaye
- près de Limoux, dans l'Aude - est, comme celle de Saint-Papoul, l'une
des abbayes bénédictines que le Maître de Cabestany semblait affectionner
particulièrement.
Son église romane recèle dans l'une de ses absidioles
une oeuvre de ce sculpteur anonyme, à savoir un monolithe, appelé communément
"sarcophage de Saint-Hilaire".
Il ressemble certes à un sarcophage, mais l'intérieur
en est trop peu évidé pour en remplir les fonctions. Il s'agit sans doute plutôt
d'un autel reliquaire renfermant les reliques de St Saturnin (appelé aussi
Sernin), dans la tradition des premiers autels. En effet, à l'époque
paléochrétienne, l'office était célébré à l'extérieur des villes sur des pierres
tombales. |
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Le Maître y a retracé, de droite à gauche - comme sur la frise du Boulou -,
l'histoire du saint. |
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Sur le côté latéral droit du sarcophage, entouré de St Papoul (au fond) et de l'évêque
de Pampelune St Honest (au premier plan), St Sernin tient sa crosse
d'évêque - de Toulouse - de la main droite tout en présentant l'Evangile.
Sur le devant du "sarcophage" (cf.
ci-dessous), on retrouve
l'évêque, toujours représenté l'Evangile ouvert sur sa poitrine pour
signifier sa mission. A sa droite, l'un des
des soldats romains l'arrête en le saisissant par le cou tandis que les
deux derniers lui désignent le Capitole pour l'inciter à sacrifier aux
idoles.
Entre les jambes des gardes surgissent des
têtes d'animaux, symbolisant le Mal.
Elles sont aussi représentatives de la
technique du Maître de Cabestany, qui répugnait à laisser des vides non
comblés. |
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| On notera la représentation très libre du Capitole, travesti en une sorte
d'église romane. Dans les fenêtres de l'édifice se logent les
visages des curieux - des curieuses devrait-on dire -, tandis qu'au
sommet un homme chevauche une corde qui relie les deux tours. Cette corde
se veut sans doute une réplique de celle qui servira à lier St Sernin au taureau de son
supplice. |
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Plus à gauche, le
bourreau - à la mine patibulaire - aiguillonne le taureau tandis
que deux chiens l'excitent de leurs aboiements. St Sernin, attaché par les
pieds aux pattes du taureau, bénit deux femmes nimbées comme lui : ce sont les saintes Puelles qui recueilleront son corps après sa mort. |
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A la tête du saint on voit une autre
représentation du Capitole, bien curieuse puisque l'arc roman est vu à la
fois du point de vue de St Sernin, dont il double l'auréole, et du
spectateur qui voit une fois de plus émerger des fenêtres les visages des
badauds. Cela prouve la liberté dont jouissaient les artistes romans - et
le Maître de Cabestany en particulier - en matière de représentation de la
"réalité".
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Sur le côté latéral gauche du sarcophage, on
assiste à la mise au tombeau de St Sernin par les Saintes Puelles. |
Pour voir quelques détails  |
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